Le député de Québec solidaire dans Mercier juge le plan du PQ insuffisant et mal orienté. "Le PQ parle de crise politique de nature constitutionnelle. Les Québécois ne voient pas l'utilité de débattre de la souveraineté parce qu'ils la perçoivent comme une chicane de clochers, un transfert de fonctionnaires ou une guerre de chiffons," a-t-il encore lancé dans le cadre du quatrième congrès annuel du parti qui se tenait en fin de semaine à l'Université Bishop's.Quelque 200 membres du parti participaient à cette rencontre durant laquelle le parti en a profité pour se positionner sur les grands enjeux qui touchent le Québec, la souveraineté en tête de liste. Les deux porte-paroles du parti, Amir Khadir et Françoise David, ont éraflé au passage le Parti québécois (PQ) et son Plan pour un Québec souverain.
Le parti de gauche compte donc donner toute la place au peuple pour l'élaboration d'une stratégie menant à la création d'un "pays de projets, permettant de réaliser les rêves écologiques, économique et sociaux" de QS, avec une place de choix pour les onze nations autochtones que compte le Québec. "Le peuple est le premier dépositaire de la souveraineté", a affirmé Amir Khadir.
QS croit aussi qu'une rupture est nécessaire pour en arriver à la souveraineté, rupture que le PQ ne semble pas en mesure d'opérer, selon Françoise David. "On ne peut pas s'objecter aux volontés du plan Marois de vouloir rapatrier des compétences en matières de culture ou d'imposition, mais leur stratégie par le haut n'est pas la bonne. Nous sommes ouverts à une association indépendante avec eux. Malheureusement, le langage qu'ils utilisent est vieux. On pourrait dire qu'ils s'"union-nationalisent.""
Parmi les projets du parti se trouve la création d'une assemblée constituante élue, avec comme mandat la rédaction, après consultation, d'une constitution pour le Québec, qui inclurait l'avenir politique du Québec et la ou les questions à poser lors d'un référendum.
Les stratégies d'accession à l'indépendance et les questions de vocabulaire concernant la souveraineté n'ont toutefois pas trouvé de consensus au cours de la fin de semaine. Le tout devrait être réglé avant novembre alors que se tiendra un congrès d'orientation du parti.
Le congrès a aussi été l'occasion pour Québec solidaire de modifier sa structure. L'élection d'Amir Khadir à l'Assemblée nationale il y a six mois nécessitait de revoir les instances du parti.
Si l'organisation demeure bicéphale, au moins un des deux porte-paroles devra être non parlementaire, afin "d'échapper au destin de la machine électorale". Ce porte-parole sera responsable de coordonner la stratégie politique du parti dans l'espace public en lien avec les luttes sociales, alors que le porte-parole parlementaire pilotera les interventions de QS à l'Assemblée nationale et fera le pont entre les luttes sociales et cette dernière.
Suivant cette logique, Françoise David devient la présidente porte-parole par intérim et candidate à ce poste au congrès de novembre, alors qu'Amir Khadir endosse le rôle de porte-parole parlementaire du parti. Si les deux venaient à être élus, l'un des d'eux céderait sa place à une tierce personne.



